Les dessous de l'affaire "bermuda" : SAGEM(SAFRAN-AIRCELLE-SNECMA)

Licencié par la Sagem pour avoir porté un bermuda... la Sagem et ses affaires ...

09-03-2009

Aircelle ou comment une direction cherche à délocaliser en catimini

Aircelle ou comment une direction cherche à délocaliser en catimini

article tiré de l'humanité edition du 14 septembre 2005
                  

La CGT a découvert des documents révélant les véritables intentions du groupe Safran (ex-SNECMA-SAGEM).           

Peut-on faire confiance aux informations données par les directions d’entreprises, notamment quand il s’agit de restructurations ?

Évidemment non.

L’affaire Aircelle est une nouvelle illustration de ces « écrans de fumée » que produisent les patrons pour tromper les salariés et mieux faire passer, sans réaction sociale trop forte, leurs projets d’augmentation des profits et de casse de l’emploi. Filiale du groupe Safran, issu en mai de la fusion Snecma— Sagem, Aircelle est spécialisé dans la fabrication de nacelles d’avions et inverseurs de poussée. Début juillet, l’entreprise a annoncé son intention de fermer d’ici la fin 2006 le site de Meudon (Hauts-de-Seine), qui emploie 620 salariés et 300  intérimaires et sous-traitants (voir l’Humanité du 1er septembre).

Officiellement, la direction justifie cette décision par la « vétusté du site » et « des coûts de fonctionnement trop élevés ». Elle se veut rassurante : il ne s’agit pas de supprimer des emplois ni de licencier, mais simplement de « redéployer » les activités pour mieux les développer. Ainsi propose-t-elle aux 271 ouvriers de production de retrouver leur emploi sur le site du Havre où la fabrication est censée être délocalisée, et aux 337 ingénieurs et cadres de se déplacer vers de nouveaux bureaux loués à Plaisir (Yvelines), à trente kilomètres de Meudon.

Le gouvernement appuie ce beau discours :   interpellé par les organisations syndicales de l’entreprise, le ministre délégué à l’industrie, François Loos, leur répond le 24 août. Dans son courrier, il évoque un simple « transfert des activités » vers Le Havre et Plaisir, avec «une stabilité des effectifs en France et des solutions de reclassements à l’intérieur du groupe Safran pour les personnels qui ne pourraient pas suivre ces déménagements ». Il souhaite que des négociations aboutissent à des garanties en ce sens,« tout en permettant à la - société d’adapter au mieux son outil de production en France, et de préserver l’emploi».

Mais aujourd’hui, « les masques tombent », souligne Janusz Lislowski, délégué CGT du site de Meudon. Alors que la procédure d’information-consultation des représentants du personnel a commencé - en pleine période de congés d’été -, le syndicat CGT a découvert un document confidentiel de la direction montrant ses véritables projets industriels et démontant la mascarade des mutations-reclassements. Intitulé " Ambition 2008 " et daté de décembre 2004, ce « plan d’actions » prévoit la délocalisation de volumes de production et de programmes de recherche et développement au niveau mondial. L’objectif « à moyen et long terme » est de « promouvoir les achats et productions en dollars et dans les pays à bas coûts », et d’« optimiser l’organisation industrielle » par la « réduction et spécialisation des sites ». Le document envisage la fermeture de l’usine de Meudon en 2006, la réduction du site de Burnley (Royaume-Uni) en 2007. Il prévoit la délocalisation vers les États-Unis de plusieurs lignes de production, notamment les petites nacelles aujourd’hui fabriquées à   Meudon, et censées être transférées au Havre ! De plus, 350 000 heures de travail par an seraient délocalisées dans des « pays à bas coûts » à l’horizon 2010. La CGT évalue ce volume à 450 emplois qu’elle situe au Maroc, où le groupe construit une usine. Enfin, 100 000 heures d’études (soit 110 emplois) partiraient vers l’Inde, la Russie, le Maroc à partir de mi-2006.               

« Ce document montre que l’objectif réel de la direction n’est pas de redéployer l’activité en France mais de réduire la masse salariale en supprimant des emplois », estiment les élus CGT. « La direction affirme qu’elle va développer son site du Havre, mais elle prévoit déjà de délocaliser une partie de sa production, les petites nacelles et la chaudronnerie représentant 286 emplois ! Quant au site de Plaisir, il n’est pas viable. Comment croire qu’on va développer de la recherche dans des bureaux en location loin de tout site industriel ? » Ils font le lien avec le double langage de la direction sur les mutations. En comité central d’entreprise début septembre, elle a présenté une « charte de la mobilité » censé favoriser le reclassement des salariés de Meudon. « Mais elle propose des aides et des garanties dérisoires, dénonce Janusz Lislowski. Pour Le Havre, une prime de 1 500 euros et trois ans de garantie d’emploi. Pour Plaisir, pas de prime ni de garantie!

Si elle voulait vraiment que les gens bougent, elle mettrait le paquet. » Aujourd’hui, la direction est montée à 2 500 euros pour Le Havre et 1 000 pour Plaisir, mais c’est toujours dix à vingt fois moins que lors de restructurations précédentes.

Pour la CGT, la bonne santé économique du groupe Safran, et les carnets de commande pleins de la branche Aircelle, doivent permettre le maintien du site de Meudon. « Safran prévoit le doublement du chiffre d’affaires d’ici 2008, dans ce contexte la suppression d’emplois est révoltante », soulignent les cégétistes, qui comptent attaquer la direction pour délit d’entrave, dans la mesure où elle n’a pas communiqué au CCE toutes les informations  économiques sur la restructuration. « La direction a répondu sur Radio City que ce document n’était qu’une "hypothèse de travail", mais de toute façon, ces informations auraient dû nous être communiquées », réplique Alain Hérembert, secrétaire CGT du comité d’entreprise de Meudon, qui estime que désormais, « les pouvoirs publics doivent prendre position dans l’affaire. L’État a son mot à dire puisqu’il possède 31 % du capital de Safran. » Par l’intermédiaire de la députée communiste Janine Jambu, le syndicat a demandé à rencontrer François Loos. Il attend aussi une réponse aux trois lettres envoyées à Nicolas Sarkozy en tant que, successivement, ministre de l’Économie, président de l’UMP et président du conseil général des Hauts-de-Seine. « Il se targue de mettre toute son énergie dans la lutte contre les délocalisations, mais c’est l’homme invisible ! » commente Frédéric Arroniz, délégué CGT.

Fanny Doumayrou



Aircelle : délocalisation en vue selon les représentants syndicaux

Aircelle : délocalisation en vue selon les représentants syndicaux

usine nouvelle
08/07/2005

Aéronotique -  armement - construction navale
Social

Alors que la direction d’Aircelle (Groupe Safran, France), ex entreprise Hurel Hispano vient d’annoncer l’arrivée prochaine sur le site de Harfleur (Seine-Maritime, 1.150 salariés, fabrication de nacelles et d'inverseurs pour l’aéronautique) de 271 salariés en provenance de l’usine de Meudon-la-forêt (Hauts-de-Seine, 620 salariés) appelée à fermer, les représentants syndicaux de l’unité haut-normande tirent la sonnette  d’alarme. Après avoir montré hier leur hostilité à la fermeture du site francilien en interrompant un Comité Central d’Entreprise (CCE) au siège social de Harfleur, ils ont explicité ce qu’ils jugent être la vraie stratégie du Groupe.
Selon Christian Moreau, délégué CGT à Harfleur, «peu de salariés de Meudon accepteront les mutations proposées et le plan se traduira de facto par des licenciements. Et la démarche amorcée sous le sceau de la rentabilité maximale avec la fermeture de l’usine de Meudon augure mal de l’avenir de Aircelle dont le tout nouveau propriétaire, le Groupe Safran, né de la fusion de la Snecma et de la Sagem a décidé de refondre les structures industrielles. Celles-ci se traduiront à terme par des délocalisations».
Pour illustrer son propos, le délégué affirme que la direction a commencé de supprimer une partie de la charge de travail de l’usine haut-normande pour faire la place aux productions en provenance de Meudon, et que les fabrications abandonnées en Normandie sont délocalisées chez Indre Aero un sous-traitant français du Groupe, mais dans la nouvelle usine que ce dernier vient d’ouvrir à Casablanca au Maroc, ce qui constitue le début d’une délocalisation appelée à s’amplifier dans les prochaines années». Quant au redéploiement des autres salariés de Meudon,  337  devraient se rendre à Plaisir Yvelines (337) et 12 aller à Toulouse (Haute-Garonne).
De notre correspondant en Normandie, Patrick Bottois.

http://www.usinenouvelle.com/article/page_article.cfm?idoc=54539&navartrech=19&id_site_rech=10&maxrow=283

Justice:TGI du Havre / Fermeture d'Aircelle à Meudon

Fermeture d'Aircelle à Meudon

Le TGI du Havre rejette un référé des élus du CCE

INFOCEANE.com
Mercredi 7 décembre 2005

Le tribunal de grande instance du Havre a rejeté mardi un référé engagé par le Comité central d'entreprise (CCE) d'Aircelle (nacelles d'avions) contre le projet de fermeture du site de Meudon (Hauts-de-Seine) qui emploie 900 salariés. Les élus du CCE ont indiqué qu'ils étudiaient la possibilité de poursuivre la procédure sur le fond devant un autre juge. "Nous estimons que la direction a commis un délit d'entrave car elle a émis sa volonté de fermer le site de Meudon dans un document daté d'avril 2005 alors que le projet n'a été présenté au CCE que trois mois plus tard", a affirmé Ali Talmat, secrétaire CGT du CCE.

Ce syndicaliste estime que ce décalage dans le temps a porté préjudice à la capacité des elus à s'opposer à ce plan. De leur côté, les avocats de la direction avaient fait valoir lors de l'audience de référé qui s'est tenue le 8 novembre que le texte en question était "confidentiel" et ne constituait qu'un "document de travail".

Aircelle a annoncé le 4 juillet la fermeture d'ici fin 2006 de son site de Meudon en raison "de coûts de fonctionnement trop élevés". Les 620 postes (occupant 900 salariés) de cette usine doivent être redéployés sur les sites de Plaisir dans les Yvelines (337), du Havre (271) où se trouve le siège social, et de Toulouse (12).

http://www.infoceane.com/journal/051207-aircelle.html

Une usine ultramoderne en sous-traitance aeronautique a casablanca(AIRCELLE MAROC)

Une usine ultramoderne en sous-traitance aeronautique a casablanca(AIRCELLE MAROC)

Groupe SAFRAN/SAGEM/SNECMA...

LE MATIN
10/02/2006

Le Maroc est en train de s'imposer comme l'une des destinations prometteuses dans le domaine de la sous-traitance aéronautique. L'engagement d'importants investissements par le géant mondial Safran sur ce marché prouve son attrait.
Il en est ainsi d'une nouvelle usine d'Aircelle Maroc (filiale nouvellement créée d'Aircelle France, spécialisée dans l'assemblage des nacelles d'avion et les techniques de composite, elle-même filiale du groupe Safran) qui sera inaugurée le lundi prochain à la Technopole de Nouaceur à Casablanca.
La présence, prévue, du Premier ministre Driss Jettou, à l'ouverture opérationnelle de cette usine, en compagnie, éventuellement, d'autres ministres, prouve l'importance que l'on accorde à ce nouvel investissement.
Cette unité industrielle « ultra moderne », selon le président d'Aircelle Maroc, Hamid Benbrahim El-Andaloussi, est construite sur une surface de 10.800 m2, moyennent un investissement de 6 millions d'euros. Elle est située sur le même site que la filiale Aircelle Maroc qui a été créée en mars dernier à la Technopole de Nouaceur sur un terrain de 6 hectares, avec un investissement de 12 millions d'euros sur 5 ans.
Cette société commence avec une centaine d'ingénieurs et de techniciens, avant de passer à un effectif de 350 personnes dans quatre ans.
Ce nouveau site de production est spécialisé dans la fabrication d'éléments des structures des nacelles d'avion et dans les matériaux de composite.
«C'est une première au Maroc que d'investir dans une technique aussi complexe que les matériaux de composite. C'est le domaine qui contribue le plus au développement et au progrès du secteur de l'aéronautique et qui bénéficie, par conséquent, de plus d'efforts en matière de recherche», fait valoir M. Benbrahim El-Andaloussi.
Et pour cause. Plus légers et plus résistants, ces matériaux réduisent le poids des avions et, par conséquent, leur consommation d'énergie. Ce nouvel équipementier aéronautique marocain prévoit de réaliser un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros, destiné entièrement à l'export, a-t-il affirmé.
Il a déjà trois gros clients : Airbus, l'avionneur Bombardier et le brésilien Embraer.
La société n'exclut pas l'extension de ce site de production, «pour répondre à l'évolution de la société mère, surtout que le marché est actuellement très demandeur», conclut-il.
Par ailleurs, cet investissement renforce la présence au Maroc du groupe Safran (leader dans plusieurs activités liées à l'aéronautique), qui dispose de 5 sites industriels au Royaume.
En effet, Labinal, filiale du groupe Safran et leader du câblage aéronautique, a investi dernièrement 100 millions de DH pour la création d'une seconde unité à Aïn Atiq, près de Rabat. Cette usine est située sur une superficie de 10.000 m2, sur un site de 7 hectares. Elle emploie provisoirement une équipe de 250, avant de passer à 400 ingénieurs et techniciens avec son démarrage.
De même, pour conforter ses investissements au Maroc et s'appuyer sur une ingénierie efficace, le groupe Safran a créé à Casablanca son propre centre de recherches aéronautiques, Teuchos Maroc, en rachetant le bureau d'ingénierie ASSystem Maroc, avec la soixantaine d'ingénieurs qu'il employait déjà.
Teuchos Maroc prévoit d'investir 7 à 10 millions d'euros, dans les 5 prochaines années, pour la construction d'un centre d'études et de recherche à Sidi Maârouf sur un terrain de 2,5 hectares.
Ce centre devra démarrer l'année prochaine, avec un effectif de 70 ingénieurs, en attendant de passer à 400 techniciens et ingénieurs. Ce qui a poussé Teuchos Maroc à conclure un accord de partenariat avec l'Ecole Hassania des Travaux publics (EHTP) pour monter un cycle de formation spécialisé en aéronautique.
Ce centre ne compte pas en rester là, puisqu'il prévoit de signer des conventions similaires avec d'autres institutions de formation supérieure, comme l'Ecole Mohammadia des ingénieurs, l'Université Al Akhawayne et les instituts de technologie de Casablanca et Meknès.

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Cinq centres d'excellence

Au Maroc, le groupe dispose de 5 centres d'excellence aéronautique pour 800 postes de technicien et ingénieur. Il s'agit de:

- Snecma Morocco Engine Services (SMES), créée en 1999 pour l'entretien des réacteurs. Son capital est détenu à 51% par Safran et 49% par RAM.

- Matis créée en 2001 pour la fabrication des câblages aéronautiques. Elle est détenue à parts égales par RAM, Boeing et Labinal, filiale de Safran. Elle emploie 380 techniciens et ingénieurs en 2005.

- Labinal Maroc, spécialisée dans le câblage aéronautique, est contrôlée à 75% par Labinal (filiale de Safran). Elle est installée à Aïn Atiq, Témara, depuis juillet 2005, avec un effectif de 250 ingénieurs.

- Aircelle Maroc est une filiale à 100% de Aircelle du groupe Safran. Créée en mars 05, à Nouaceur, elle est spécialisée dans l'assemblage de pièces de nacelles d'avion et dans la technologie des matériaux composites aéronautiques. Son capital de départ est de 2,5 millions.

- Teuchos Maroc, société d'ingénierie et d'études aéronautiques et spatiales, créée en juillet 2005, est filiale à 100% de Teuchos du groupe Safran. Elle prévoit d'investir 8 millions d'euros sur quatre ans.

Source: Lematin

http://www.marocville.com/aeronautik/Groupe-SAFRAN_r7.html?PHPSESSID=56d3db24761549312762fd28ea78740b

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