Sagem : l'uniforme qui fâche        

 

L'Expansion
21/12/2004
   

L'affaire ne pouvait pas tomber plus mal pour Sagem, qui prépare sa fusion avec Snecma. Le groupe d'électronique et de défense est accusé de... pillage industriel par l'entreprise Paul Boyé, fournisseur officiel d'uniformes pour l'armée française depuis 1914.

L'objet de la polémique ?

La réalisation des 34 000 tenues Félin, l'uniforme ultratechnologique du fantassin du futur. Tout avait pourtant bien commencé.

Après deux ans de travail sur ce projet de 80  millions d'euros, les deux sociétés emportent le marché en mars 2004, la Sagem comme maître d'oeuvre et Paul Boyé comme sous- traitant officiel.

Mais, début décembre, Sagem charge un consortium germano-belge de réaliser les fameuses tenues.

Paul Boyé crie au vol industriel.

« On a fourni à Sagem nos procédés, accuse un cadre de l'entreprise, et nous nous retrouvons éjectés parce que nous ne voulons pas délocaliser notre production pour abaisser les prix. »

Pour Paul Boyé, c'est une catastrophe.

Outre une baisse de 20 % de son activité et une perte de crédibilité sur ses marchés à       l'export, c'est l'avenir de la société sétoise et de ses 180 salariés qui est en jeu.

Au ministère de la Défense, on renvoie les anciens partenaires dos à dos. « C'est un         différend économique entre le maître d'oeuvre et son  sous-traitant », explique un responsable.

Quant à Sagem, ses explications se bornent à une formule laconique : « Aucun                   commentaire ! »

 

Marc Landré